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Je me suis castré chimiquement car j'étais un "incel".

Cela va faire un an que je me suis castré chimiquement.
Je sais que ça peut paraître étrange, à vrai dire, ça l'est pour moi aussi.
Il m'arrive d'avoir des moments où l'absurdité et la singularité de ma situation me fait rire aux éclats.
Mais je pense avoir fait le bon choix et je ne regrette pas une seconde.

Après une période de brève sociabilité à l'école primaire, où j'étais assez populaire, et avait beaucoup d'amis, fille et garçon (même une ou deux “copines”), j'ai commencé dès le collège à devenir de plus en plus isolé, chose qui n'a fait qu'empirer avec le temps.
Dès le lycée, je n'avais plus d'amis, seulement une ou deux vagues connaissances.
Et à l'université, je n'ai littéralement pas parlé une seule fois à un de mes camarades, à part une personne en L1 et les obligatoires groupes de travail.

J'ai 25 ans maintenant et c'est toujours le cas.

Il me reste quelques connaissances que j'avais déjà en école primaire, tous hommes, mais à part ça je n'ai quasiment pas parlé à quiconque de mon âge IRL (à part genre caissière au supermarché, “bonjour” entre collègues etc) depuis 15 ans.
Malheureusement, j'avais une forte libido, qui s'est transformée en addiction à la masturbation.
De plus, j'ai été rongé par le désir d'avoir des rapports romantiques depuis l'âge de 15 ans environ.
Avec le temps, ces sentiments, et donc ma frustration, n'ont fait qu'empirer.
Je suis socialement inepte, (j'ai besoin de tout planifier à l'avance pour que ça se passe bien, même si je vais faire des courses et passe devant la caissière ou le caissier, il faut que je révise ce que je vais dire dans ma tête), je suis visiblement anxieux autour des gens de mon âge (notamment filles), et de manière générale je ne suis pas attirant.
Aucune fille ne m'a parlé spontanément depuis 15 ans et je pense leur faire un peu peur.
Ceci dit je n'ai jamais été harcelé, seulement un peu ostracisé et considéré comme un mec bizarre.
Donc évidemment mes espoirs étaient à 0, je savais au fond de moi que je ne pourrais jamais avoir une copine.

Vers 19/20 ans, j'ai essayé de sortir avec des garçons, vu que de toute évidence avec les filles ça ne marchait pas.
Évidemment ça n'a pas marché car je suis hétéro, donc rien que le fait de voir un homme en face de moi pour un premier rendez-vous en vrai était suffisant pour m'enlever toute envie.

Après cette expérience, pendant le confinement, je me suis beaucoup radicalisé politiquement du fait de mon ennui général et de ma frustration.
En un sens j'avais besoin d'un truc transcendant qui me fasse oublier mes déboires.
Je suis devenu assez misogyne à cette époque, mais j'ai toujours détesté cela.
Si on veut aimer une fille, être dans une relation romantique avec elle etc, ce qui est la base de l'hétérosexualité, alors haïr les femmes (mot fort) ou du moins les mépriser ne peut apporter qu'un profond désespoir.
J'ai lu Spengler, Schmitt, Guénon, Evola, essayé le nofap, de me muscler, etc, etc, mais je manquais de motivation profonde.

Puis il y a environ un an et demi, j'ai commencé à sérieusement rechercher la castration chimique.
Ma solitude et frustration étaient de pire en pire, et au final mes convictions politiques, qui étaient les seules choses qui me motivaient un peu, vacillaient.
Ce n'était pas la première fois que j'y pensais : vers 15/16 ans, j'avais pas mal lu sur le sujet.
J'étais déjà embêté par ma libido que je ne pouvais pas assouvir, et en un sens déjà dégoûté par elle.
L'idée de m'en débarrasser définitivement était fort attirante.
J'ai fini par conclure que me castrer chimiquement était la meilleure des solutions: plus de libido, ou presque, moins de désespoir du fait de ma solitude (cela dépend des personnes, apparemment), plus d'effets androgéniques chiants, etc etc.
Surtout que mes habitudes pornographiques m'avaient poussé au fur et à mesure dans des trucs de plus en plus égodystoniques, humiliants et paraphiliques.
En plus de ça, je pense qu'une autre motivation était une sorte de rancune envers la société.
J'avais fait ce que j'ai pu pour être un homme, mais en échange, probablement du fait de mes propres insuffisances, je n'avais pas eu l'amour en retour.
Si j'étais destiné à ne pas me reproduire, à être trop couard pour m'imposer ou me battre, à ne pas être attirant, alors j'étais déjà un eunuque, et le fait de prétendre autrement était l'une des causes de mes soucis.
Plus besoin de me préparer à une éventuelle bagarre, plus besoin de me considérer comme un défenseur du bien, plus besoin d'être aussi masculin et carré que possible (genre ne prendre que des douches, me couper les cheveux courts, porter des couleurs sombres etc).
Cela allait assez à l'encontre de mes opinions politiques de l'époque, mais j'ai rationalisé en me disant que c'était une sorte de révolte faustienne contre la nature, ou que je devenais un sorte de Hijra au service du Kali Yuga (suuuuuuuuuper cringe, je sais).
Néanmoins, l'ostéoporose me faisait peur.
En effet, ne pas avoir d'hormone dominante dans le corps peut être dangereux pour la santé.
Je me suis donc résolu à prendre de l'estradiol avec mes futurs anti-androgènes.

J'ai pas mal été sur des forums variés pour me faire une bonne connaissance sur les traitements actuels, se les procurer, etc, puis, il y a à-peu-près un an, j'ai commencé le traitement.
Immédiatement, ma libido a quasiment disparu, du jour au lendemain.
Je suis passé de 4 ou 5 masturbations par jours, à 0.
C'était comme un poids immense enlevé de mes épaules.
Les filles sont toujours jolies et agréable à voir, mais je ne suis plus véritablement directement attiré sexuellement, c'est comme voir un beau paysage (je m'excuse si c'est déshumanisant, je ne sais pas trop comment l'expliquer sinon), il y a un sentiment d'élévation de l'âme, mais pas d'élévation d'autre chose.
Mon désespoir romantique a lui aussi beaucoup chuté, pas au niveau de la libido, mais à un niveau totalement et facilement maîtrisable.
Auparavant, tous les soirs ou presque, il fallait que je m'endorme en imaginant être à côté d'une fille.
Maintenant, ce n'est que très rarement le cas.
Je dirais aussi que je suis nettement plus émotionnel, j'ai moins de rage, presque plus en fait, mais je ressens nettement plus de joie, de tristesse etc.
J'avais le sentiment d'être émotionnellement castré, avant, et ce n'est plus le cas, au contraire: je rie tous les jours, pleure au moins une fois par semaine, souvent plus, etc.
J'apprécie plus facilement la beauté des choses de façon contemplative.
Bref, je trouve que sur le plan psychologique c'est très positif.
Mon cycle de sommeil a beaucoup changé.
J'avais toujours été un lève tard, me couchant vers minuit/ une heure, et me réveillant juste à l'heure pour l'université/ le travail.
Maintenant, c'est loins d'être le cas, je vais au lit vers 9h, et je m'endors généralement vers 10h, pour un réveil vers 5h du matin, frais et dispo.
Je suis allé chez un endocrinologue cet été avec une lettre de mon psychiatre, pour un test sanguin, et mes résultats étaient très bons, avec de bons niveaux.

Physiquement j'ai aussi eu un certain nombre d'effets : mon acné, que j'avais depuis 10 ans, est quasiment partie, avec seulement un petit bouton occasionnellement.
Ma peau en général est nettement meilleure, je trouve (en même temps j'en prends aussi plus soin).
J'avais déjà un début de calvitie sur mes tempes (pas beaucoup, norwood 1.5 peut être) et non seulement la perte s'est arrêtée, mais elle s'est aussi inversée, la naissance de mes cheveux s'est nettement normalisée, avec un retour à norwood 1.
Je me les laisse pousser pour la première fois de toute ma vie et c'est très agréable.
Pour la première fois depuis la puberté, j'ai reçu des compliments sur mon apparence, notamment mes cheveux.
J'ai perdu en muscle, mais au final je m'en fiche pas mal.
Par contre, il me faut plus surveiller mon poids: avant, je dirais que mon poids “de croisière” était de 75 kg, tandis que maintenant, même à 70kg, j'ai l'impression d'avoir un peu trop de graisse. Heureusement mon appétit a pas mal baissé donc rester vers 65 est facile.
J'ai l'air d'être plus jeune, et j'ai développé de la gynécomastie (j'en avais un petit peu avant), peut-être un gros A ou petit B.
Finalement ce n'est vraiment pas gênant, et à peu près invisible sous une chemise ou un polo.
Seuls les T-shirts sont un peu problématiques mais je n'en mets jamais, sauf si je reste chez moi, de toute façon.
Ma barbe pousse un peu plus lentement, idem pour les poils corporels.
J'ai pris l'habitude de les raser (soyons honnête, les poils corporels c'est moche) et suivant la zone il faut le refaire tous les 3 à 10 jours, environ.
Voir mon propre corps partiellement féminisé est assez étrange mais pas désagréable.
J'aime me regarder dans le miroir, ou mon corps dans mon bain.
C'est en un sens presque comme si mes sentiments s'étaient intervertis, et que je m'étais mis dans une relation avec moi-même (je sais que cette phrase est au mieux narcissique, au pire flippante :-/ ).

De même, socialement, je n'essaye plus de m'imposer comme je le faisais, je n'essaye plus d'être toujours prêt à “me battre” etc.
Je me considère un peu sorti de cette obligation, et j'essaye plutôt de suivre le courant, d'être jovial et aimable.
Mon rythme de vie a pas mal changé: avant, je passais le plus clair de mon temps libre à parler de politique sur des forums et je n’avais pas vraiment de temps (ou d’envie) pour grand-chose d’autre.
Je passe toujours trop de temps sur internet, mais plus pour parler de politique (ou plutôt, m’enrager sur de la politique), et en dehors je me suis mis à cuisiner tous les jours, lire quotidiennement etc.

Honnêtement, je suis ravi de mon choix, et pour rien au monde je ne voudrais retourner sous testostérone.
Être un “eunuque” me convient, et j'ai l'intention d'avoir une orchidectomie en Thaïlande, probablement l'année prochaine.
C'est pas très cher, et c'est mieux que de rester sous anti-androgènes (pleins d'effets secondaires indésirables voir potentiellement catastrophiques) toute sa vie.
Je n'ai pas vraiment parlé de tout cela à mes proches, car ils ne comprendraient pas.
Ma famille est très conservatrice et aucun des hommes de ma famille n'a eu de problème à se trouver une copine (mon père se targue d'avoir eu plus de 50 petites amies dans sa vie).
Bref, ils ne comprendraient pas.
C'est une décision éminemment personnelle, je n'en fait absolument pas l'apologie, je pense que c'était le bon choix pour moi, mais probablement pas pour un autre.
Pardonnez-moi du poste un peu long, et si vous avez des questions, n'hésitez pas.
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