J’ai fait le travail que Macron a demandé sur les jeux vidéo et la violence chez les jeunes
Emmanuel Macron souhaite lancer une mission scientifique sur l’impact des jeux vidéo sur la violence chez les jeunes, après le drame qui s’est déroulé dans l’école de Sanary-sur-Mer.
Cette réaction me pose problème et sans surprise je ne suis pas le seul.
Elle repose sur un raccourci émotionnel, alors même que les premiers éléments connus parlent surtout d’un jeune ayant subi des violences intrafamiliales et présentant des difficultés relationnelles importantes.
Je suis chercheur (pas en sciences sociales), mais aussi joueur, et sensible comme beaucoup de monde à la violence autour de moi. J’aimerais surtout que des solutions réellement efficaces soient mises en place pour la réduire plutôt que de refaire (ou pire défaire) ce qui a déjà été fait.
Plutôt que d’attendre un futur rapport, j’ai pris un peu de temps entre hier et ce matin pour faire une ébauche de revue de la littérature et vous proposer des clés de lecture à propos du sujet et vous donner les sources associées (avec tous les liens accessibles vers les papiers entiers bien sûr).
1) Ce que montrent les études sur les jeux vidéo
Certaines études trouvent une association entre exposition à des jeux violents et indicateurs d’agressivité (irritabilité, pensées agressives, comportements agressifs mineurs).
Ces systèmes informent correctement sur le contenu des jeux (violence, langage), mais beaucoup moins sur la qualité réelle des interactions entre joueurs.
CONCLUSION
À moins que la mission scientifique annoncée découvre des éléments radicalement nouveaux, ses conclusions devraient logiquement ressembler beaucoup à ce qui existe déjà dans la littérature.
Autrement dit, la recherche actuelle ne désigne pas les jeux vidéo comme un moteur majeur de la violence chez les jeunes.
Les déterminants principaux sont sociaux, familiaux et environnementaux.
Le débat sur les jeux vidéo est légitime, mais il ne devrait pas détourner l’attention des leviers qui ont un impact démontré.
En espérant que les pouvoirs publics dirigent leurs efforts et moyens vers ce qui est clairement identifié, essentiel pour nos jeunes, **et qu’ils communiquent honnêtement sur ces sujets**.